Un des plus importants projets de décarbonation au monde vient d’être initié, sans succès immédiat, en Australie.


Il prend la forme originale d’une OPA du tandem formé par un milliardaire – Mike Cannon-Brookes – et un fond d’investissement sur le producteur d’énergie australien AGL qui représente à lui seul 8% des émissions de CO2 d’Australie soit autant que 4 millions de français!


L’objectif affiché dans l’offre est d’accélérer la fermeture des centrales à charbon grâce à un plan d’investissement de 14 milliards de US$ permettant de créer de nouvelles capacités d ENR.


Réaction du management: « Le prix proposé – supérieur à la dernière capitalisation boursière – est en retrait par rapport à la vraie valeur de l’entreprise! » Du coup, l’offre même améliorée est rejetée…

Ce cas est exemplaire à plusieurs titres:

  • En 1er lieu sur l’ambition des acheteurs qui visaient, certes, une rentabilité correcte, mais aussi et surtout un bénéfice majeur pour le Climat. Ces Chevaliers Verts de la finance s’alignent donc bien avec leurs engagements du GFANZ dévoilés par Mark Carney lors de la #COP26! cf notre précédent article à ce sujet:
  • En 2e lieu sur le manque de discernement d’un management dont la perspective n’intègre aucun coût des émissions carbone, ni conventionnel, ni réel, i.e. qui serait fondé sur les impacts Climat à long terme. D’où l’importance d’objectiver et idéalement de facturer progressivement ce carbone émis comme en Europe avec notre dispositif ETS de cap and trade. 

L’évaluation des entreprises sans prise en compte de ces externalités est une grande lacune de nos modèles actuels de valorisation. Prise ainsi comme critère essentiel de rémunération du top management (le fameux Total Shareholder Return), elle incite évidemment à la myopie et à des comportement sub-optimaux. 


C’est donc un des objectifs que poursuit modestement Les Ateliers du Futur par son cadre « Net Climate Liability »: corriger cette myopie en élaborant notamment la meilleure estimation des impacts financiers (négatifs ou positifs) prévisibles au vu de la trajectoire Climat de l’Entreprise. Ceci intègre évidemment le coût éventuel des certificats carbone nécessaires dans le futur, en lien avec ses émissions.

De son coté, Mark Carney ne renonce pas. En tant que vice-président du fond d’investissement qui a co-conduit cette offre « instrumentale » pour la transition énergétique mondiale, il annonce examiner actuellement une cinquantaine de deals de même nature!..

Les Chevaliers Verts de la finance sont lancés!..