Pour préserver les climats de nos générations futures, nous devons supprimer 

  • D’ici 2030, 30 gigatonnes équivalent-CO2 d’émissions annuelles de gaz à effet de serre, 
  • Puis entre 2030 et 2050, 30 gigatonnes supplémentaires, sachant que les dernières marches seront, bien sûr, les plus difficiles à gravir.

Les grands acteurs les mieux placés pour relever ce challenge sont, objectivement et aux yeux des citoyens de ce monde… les Entreprises ! Elles réunissent en effet les 3 conditions clés du succès :

  •  Le pouvoir-faire – les  moyens financiers,
  • Le savoir-faire pour inventer, développer, puis déployer les nouvelles technologies de décarbonation massive,
  • Le vouloir-faire – à des niveaux, il est vrai, contrastés surtout selon la fibre du management et ses contraintes !

Pour cette raison, nous, Les Ateliers du Futur (LADF), appelons de nos vœux la transparence complète, source de comparaison et de challenge, à travers un reporting extra-financier orienté climat, prospectif et exigeant dans ce domaine. Trop de greenwashing détourne l’énergie des vrais sujets !

Le court délai qui nous sépare de 2030 exige une mobilisation forte et rapide des entreprises. Les ADF proposent depuis dès début 2022 dans cette optique un reporting simple et efficace visant à sécuriser les initiatives climat et le reporting associé par toutes les entreprises, le Net Climate Liability framework. Il rassemble les questions-clé de toute stratégie de décarbonation crédible :

  • Quelle trajectoire d’émissions de gaz à effet de serre, annuellement jusqu’à 2030, puis par jalons de cinq ans jusqu’à 2050 ?
  • Quel programme d’actions pour décarboner les activités de l’entreprise dans toutes les géographies ?
  • Quels impacts financiers négatifs (Investissements, charges supplémentaires, dépréciation d’actifs), mais aussi positifs (économies, revenus additionnels de clients, de crédits carbone…) de ce plan de transition ?
  • Quelle gouvernance pour concevoir, animer et contrôler une initiative stratégique aussi essentielle ?

À la suite de la COP 26, la Commission Européenne, à travers l’EFRAG et la Fondation IFRS à travers l’ISS Board sont passés à la vitesse supérieure : en mars et avril dernier, leurs projets de reporting extra-financiers respectifs incluant un volet climat ont été soumis à commentaires publics. Nous sommes une des 2 seules ONG françaises à avoir répondu aux 2 appels à commentaires. En synthèse :

  • Le projet de l’Europe porté par l’EFRAG intègre l’essentiel des 4 questions critiques ci-dessus et nous en réjouissons ! MAIS, son volet climat s’insère dans un flot de demandes extra-financières d’une richesse extraordinaire qui peut, selon nous, disperser les ressources et diminuer l’attention managériale du sujet central qu’est aujourd’hui le Climat,
  • La fondation IFRS est, de son côté, fortement sous influence de la TCFD. Cette task-force américaine, présidée par Michael Bloomberg, a émis en 2017 des recommandations de reporting lié au Climat au service de la sphère financière. Ce reporting focalise sur les risques liés au climat auxquels est exposée l’entreprise d’une part, les opportunités que celui-ci présenter pour son activité d’autre part. Le plan de « transition » /décarbonation de l’entreprise est une demande supplémentaire récente et peu prescriptive de la TCFD. En 2021, seules 34% des entreprises publiaient * par exemple des objectifs de réduction de leurs GES !.. Cette dimension est reprise de façon, selon nous, trop timide par l’ISS Board, puisque nos 4 questions critiques ne sont pas réunies.

Outre cette faiblesse, le projet de reporting Climat de l’ISSB fonde sa demande relative aux risques climatique menaçant l’entreprise, dont les risques de réputation, de boycott etc… sur une auto-évaluation faite par son management. Ceci ne nous parait pas permettre une approche fiable, susceptible de fournir toutes les informations relatives à l’impact Climat de l’entreprise.

Une convergence entre ces 2 approches pour l’instant concurrentes nous parait possible ! Afin de 

  • Compléter les projections demandées par l’EFRAG par un indicateur de robustesse économique de nature à qualifier la crédibilité de toute trajectoire,
  • Compléter l’évaluation des risques financiers liés au climat qui intéresse prioritairement les parties prenantes financières de la Fondation IFRS:

Nous recommandons de réconcilier ces reportings « transatlantiques » en intégrant

–       Les 4 demandes critiques vues plus haut qui caractérisent selon nous parfaitement toute projet de transition vers la décarbonation (et qui nous semblent faire défaut surtout dans le projet IFRS),

–       Un indicateur de synthèse, l’actualisation des cash-flows futurs positifs ou négatifs liés à la trajectoire centrale de ce plan de transition.

Cet indicateur synthétique, que nous avons baptisé – libre de droits – Net Climate Liability, extra-comptable, représente la valeur actualisée des engagements et revenus futurs. Il fournit donc une double indication :

  • sur la crédibilité du plan de transition et 
  • sur l’ampleur des risques de dérapage financier auxquels sont exposés investisseurs et prêteurs.

Rien de grand ne se fera sans efforts… soutenables et mesurables !

Plus de détails sur notre blog!

* Source https://assets.bbhub.io/company/sites/60/2021/07/2021-TCFD-Status_Report.pdf