Pour la 5ème fois consécutive, nous lançons notre appel aux grands leaders politiques mondiaux à agir pour le Climat, selon 10 axes prioritaires.
Ces axes découlent de notre approfondissement des systèmes climatique, économique, politique et financier et nous visons la proportionnalité avec l’importance des enjeux et l’urgence croissante!
Voici pourquoi, à qui et ce que nous lançons comme exhortation:
Pourquoi? L’urgence ne supporte plus des semestres de délai
Le budget carbone restant pour limiter le réchauffement
- à 1,5°C est estimé à environ 170 GtCO₂. Au rythme actuel des émissions mondiales, il sera épuisé d’ici 2029 — avant même que les NDC les plus ambitieuses ne produisent leurs premiers effets.
- à 2°C est estimé à 1100 GtCO, soit 27 ans au rythme 2025.
Choisir l’inaction aujourd’hui, c’est condamner 2°C à devenir aussi inaccessible que 1,5°C l’est déjà.
Les températures globales ont déjà franchi +1,5°C en 2024. Les catastrophes climatiques se multiplient : inondations record au Brésil, sécheresses prolongées en Afrique subsaharienne, méga-feux sur plusieurs continents. Les coûts humains et économiques explosent.
Et pourtant, le monde attend. Entre deux COPs officielles, douze mois s’écoulent sans réunion de haut niveau contraignante sur le climat. Douze mois pendant lesquels les émissions continuent, les engagements stagnent, et l’écart vers 1,5°C se creuse.
C’est pour combler cette insoutenable légèreté, maintenir la pression et l’alerte que nous avons lancé nos Quarterly Climate Reviews — des « Shadow COPs » trimestrielles — depuis le début 2024. Quatre fois par an, nous passons en revue les données les plus récentes sur cinq dimensions clés : tendances climatiques, émissions de GES, technologies de décarbonation, finance verte et politiques publiques.
Notre 5ème QCR, publiée le 22 mars 2026, accompagne un appel pressant que nous adressons directement aux décideurs les plus influents du monde. Parce que l’urgence ne peut plus attendre la prochaine COP.
Dix lettres à dix acteurs clés du climat mondial
Nous avons ciblé des profils complémentaires : chefs d’État et de gouvernement des grandes puissances émettrices, présidents de banques centrales et d’institutions financières, et responsables de la gouvernance climatique internationale — en cohérence directe avec les trois axes de notre Call for Action.
🇨🇳 Xi Jinping, President de la République Populaire de chine
🇨🇳 Liu Zhenmin (刘振民), Envoyé Spécial de la Chine pour le Changement Climatique
🇺🇸 Gov. Gavin Newsom, Gouverneur de Californie — Co-Président, U.S. Climate Alliance
🇺🇸 Jerome Powell, Président de la Réserve Fédérale américaine
🇮🇳 Narendra Modi,Premier Ministre de l’Inde
🇪🇺 Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission Européenne
🇪🇺 Christine Lagarde, Présidente de la Banque Centrale Européenne
🇬🇧 Sir Keir Starmer, Premier Ministre du Royaume-Uni
🇧🇷 Simon Stiell, Secrétaire Exécutif de la CCNUCC
🇫🇷 Emmanuel Macron, Président de la République française
Ces dix destinataires représentent collectivement plus de 60 % des émissions mondiales de GES et l’essentiel des capacités de financement vert à l’échelle mondiale. Leur mobilisation est une condition nécessaire — même si non suffisante — pour rester sur une trajectoire compatible avec l’Accord de Paris.
Dix priorités structurées autour de trois impératifs
Notre Call for Action QCR #5 s’articule autour de trois axes complémentaires : la volonté politique et l’ambition des engagements, les moyens financiers pour concrétiser la transition, et l’investissement dans les solutions et connaissances nécessaires à 2050. Voici les dix mesures que nous appelons à engager sans délai.
Raise the Bar: De la promesse à l’engagement contraignant
- Les NDC couvrant 80 % des émissions projettent 2,3–2,5°C de réchauffement. Les NDC manquantes (Inde, Arabie Saoudite, Corée du Sud, Argentine — ~12 % des émissions) doivent être publiées d’urgence, et toutes renforcées pour combler l’écart vers 1,5°C, assorties d’un calendrier contraignant et d’un mix politique incluant un prix du carbone.
- Seulement 19 % des entreprises cotées ont des objectifs validés SBTi. Des plans de transition obligatoires alignés sur l’Accord de Paris doivent être imposés à l’échelle mondiale. En leur absence, la distribution de dividendes et les rachats d’actions devraient être plafonnés à 20 % du résultat net.
- L’engagement méthane de la COP28 doit être suivi de près : réduction de 75 % des émissions de méthane du secteur énergétique d’ici 2030. Lancement d’une convention mondiale imposant les bonnes pratiques.
- Face au retrait américain de l’Accord de Paris, une gouvernance climatique renforcée est indispensable : réunions inter-COP trimestrielles des chefs d’État, institutionnalisation de la coalition des gouverneurs américains (24 États, 57 % du PIB US) et renforcement de l’Open Coalition on Carbon Markets.
Money Where the Climate Is: Des milliers de milliards, pas des milliards
- Les besoins en financement climatique atteindront 5 100 milliards de dollars par an d’ici 2030 (contre 1 600 Mds$ en 2023). L’objectif NCQG de 300 Mds$/an convenu à Belém est notoirement insuffisant : les Banques multilatérales de développement doivent au moins tripler leurs engagements climatiques, avec des taux préférentiels pour les infrastructures d’énergie et le stockage.
- Les conditions de financement privé et multilatéral dans les pays les moins développés doivent être améliorées — notamment via une assurance risque mondiale et une sécurisation du cadre réglementaire local.
Invest in Solutions: R&D, stockage et modélisation
- Les grandes entreprises des secteurs à forte émission doivent investir au minimum 10 % de leurs flux de trésorerie nets en R&D pour atteindre les objectifs 2050 : batteries nouvelle génération, hydrogène bas-carbone, SAF, SMR, CCUS.
- Pour atteindre 18 % de chaleur renouvelable d’ici 2035, il faut massivement subventionner les pompes à chaleur et l’électrification de la chaleur industrielle, le géothermique, le stockage thermique et le biogaz — avec des objectifs contraignants pour les compagnies pétrolières et gazières.
- Face aux coupes budgétaires américaines (réduction de plus de 25 % à la NOAA), l’Europe et les autres Parties doivent immédiatement combler le déficit en matière de données climatiques et de modélisation, pour préserver la continuité des modèles CMIP6+ et tirer parti des nouvelles capacités (satellite EarthCARE, modèles à l’échelle kilométrique, IA climatique).
« Investir dans les modèles climatiques aujourd’hui, c’est éviter d’investir dans les catastrophes demain. »



Accéder à notre Quarterly Climate Review #5 — Mars 2026
Notre revue de synthèse de la QCR #5 est disponible en téléchargement libre sur lesateliersdufutur.org/publications/. Toutes nos précédentes Quarterly Climate Reviews y sont également archivées.
Elle couvre l’ensemble des données récentes sur les tendances climatiques, les émissions, les technologies, la finance verte et les politiques publiques. Le Call for Action est disponible en annexe de toutes nos lettres.
Télécharger sur notre site
Les Ateliers du Futur · ONG dédiée à l’action climatique · lesateliersdufutur.org · Mars 2026
